Chinaskee PEREIRA DA SILVA

Dispositif : Projection sur toile, 40X50 cm.
Technique : acrylique sur bois découpé avec/sans personne(s) un peu partout, vidéo couleur, muet, 9min 36s jusqu'à présent, boucle.

« Ce n’est pas en se faisant spontané que l’art rejoint la vie, mais c’est en demeurant artificiel qu’il révèle les traits artificiels de la vie elle-même. »
FORMIS, Barbara

A priori, Chinaskee est une peinture sur bois contreplaqué, découpé d’une façon qu’il ne reste que la figure, le fond a été supprimé. Il devrait faire partie d’une série des peintures que j’ai réalisée pendant mes dernières années d’études aux Beaux-Arts à l’Université Fédéral de Minas Gerais au Brésil, mais je n’ai jamais fini de le peindre.  En raison de son inachèvement, il a trainé quelque temps dans le coffre de ma voiture jusqu’au jour que j’ai eu l’idée de le prend en photo dans un bar auquel je fréquentais. C’était donc ainsi, dans une soirée de 2003, d’une manière intuitive et hasardeuse que j’ai donné vie à Chinaskee.

Depuis ce jour-là je me déplace avec lui et j’enregistre les moments en photo. On s’est promené dans plusieurs endroits au Brésil, et on a voyagé dans plusieurs pays comme la France (où nous habitons actuellement), en Allemagne, en Hollande, en Grèce et en Espagne. Chinaskee est allé dans des bars, restaurants, boîtes de nuit, et des lieux touristiques. Il s’est laissé photographier avec des ivrognes et des personnalités. Il a participé des manifestations artistiques et/ou politiques. Il a été le parrain dans deux mariages. Il a crée un compte sur facebook (www.facebook.com/chinaskee), en faisant ainsi plusieurs comparses virtuels.

A travers ce travail, je propose une expansion de la compréhension du concept de peinture en expérimentant son déplacement vers autres moyens d’expression et circulation de l’image. Le mur est l’espace traditionnel où on place la peinture. Son déplacement vers la vie ordinaire est une sorte de transformation structurel. En lui plaçant dans un endroit que se situe toujours au milieu, Chinaskee se trouve entre la peinture et la sculpture, entre la photographie et la vidéo, entre la mobilité et l’immobilité, entre la réalité et la fiction.